Chirurgie réparatrice : ‘opération sourire’

Madagascar, été 2012 : la mission de chirurgie réparatrice fondée par le Dr François Foussadier, Opération sourire, est menée au sein de Médecins du Monde depuis plus de 25 ans (mise à jour 2016). Réalisées par des équipes médicales bénévoles, les opérations (malformations du visage, brûlures graves…) sont gratuites pour les hommes, femmes et enfants concernés. Une occasion unique pour eux de retrouver leur visage, de se réapproprier leur corps dans un pays où ils ne peuvent habituellement pas bénéficier des soins les plus élémentaires, faute de moyens renforcés par l’isolement ou l’éloignement des rares structures sanitaires. Retour sur une semaine au cœur d’engagements dédiés à l’accès aux soins pour tous.

 

▪ CARNET DE ROUTE ▪

 

▪ Le service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital universitaire de Tana est situé au 2e étage.
Il est accessible par des rampes latérales. Pas d’ascenseur. Les longs couloirs sont éclairés par
une seule ampoule – quand il y en a.


▪ Dès 8 heures du matin, le couloir est occupé par des centaines de personnes.

Les familles sont venues dans l’espoir de faire bénéficier un de leur proche d’une opération et ont parfois fait des heures de taxi brousse pour être là à temps. Debout ou assis par terre, chacun attend son tour pour passer en consultation pré opératoire et savoir s’il va ou non être pris en charge. La journée va être longue.


▪ La pesée et la mesure précèdent les consultations. Cela se complique quand les enfants ne tiennent pas encore très solidement debout ou sont couverts comme des ours (c’est l’hiver à Madagascar). Quand une petite panne d’électricité a lieu, les lumières des téléphones portables prennent le relais en guise d’éclairage.


▪ Le chirurgien Yoza Satoshi vient du Japon. Il fait partie des équipes bénévoles régulières et opère en binôme avec François Foussadier sur cette mission. Muriel Brix et Isabelle Barthélémy constituent le binôme féminin. Le face à face avec les enfants est le premier lien qui se créé avant les interventions. Capter ces regards est un privilège. On les sent soudain seuls au monde, comme si plus rien n’existait l’espace d’un instant.


▪ Les malformations du visage (dont les fentes labio-palatines que nous appelons couramment des becs de lièvre) et du palais sont parmi les opérations les plus fréquentes de la mission. Dans des pays comme la France, elles sont prises en charge très facilement dans les premiers mois suivant la naissance. Dans les pays pauvres, on grandit avec, faute de moyens sanitaires matériels et financiers suffisants. Ces malformations génèrent souvent des difficultés pour manger et parler. Elles sont aussi un facteur physique important d’exclusion et sont parfois considérées comme une malédiction.

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▪ Cette petite fille d’1 an n’a pas pu être opérée. Elle est arrivée avec une importante complication d’infection à la tête. Les chirurgiens ont lentement refait son pansement et ne l’ont pas quittée du regard jusqu’à sa sortie de la pièce. Elle a ensuite été gardée en observation le temps de la cicatrisation et d’une réalimentation urgente.

Son expression est ce que je garde de plus présent depuis mon retour.

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▪ Détail du carnet de bord du chirurgien Yoza Satoshi. À gauche, le dessin en coupe du visage de la petite fille ci-dessus accompagné de notes.


Quelques grands brûlés sont aussi opérés lors de l’Opération Sourire.

Des pans entiers de corps victimes de retour de flammes, des membres soudés, laissent deviner des souffrances inimaginables et une vie anéantie. Les greffes de peau seront effectuées les derniers jours.

Operation Sourire Madagascar 27 juillet_4 aout 2012_Medecins du Monde


▪ Owen vient pour la 2e fois car la première opération ne pouvait tout résoudre. Il a beaucoup de mal à s’exprimer de façon audible et reste très grave. Il redoute l’intervention et refuse de croire à son succès tant qu’elle n’a pas eu lieu. Dans le bloc opératoire, 4 personnes seront nécessaires pour le maintenir et l’empêcher de sortir !

 

▪ Endormissement sur la table d’opération ! Un moment difficile pour les enfants qui sont effrayés et ne savent pas ce qui va se passer. Infirmières et chirurgiens se relaient pour rassurer les futurs opérés.

 

 

 

 

 

 

▪ Sylvie et Yuma sont les deux infirmières bénévoles de l’équipe médicale.
Elles sont un soutien essentiel pour les chirurgiens.

 

 


La formation du personnel médical local fait partie intégrante de la mission. Chirurgiens,
infirmiers, anesthésistes… peuvent ainsi assister l’équipe bénévole le temps de sa présence et
être autonomes après son départ, dans la limite des moyens à sa disposition. Une partie du
matériel apporté par Médecins du Monde est souvent offerte aux hôpitaux qui manquent de tout.


▪ Arsène sera le dernier grand brûlé opéré : une greffe de peau au niveau du cou pour dégager
le visage, collé au reste du corps depuis son accident. L’anesthésie est délicate, l’opération
un long et impressionnant travail d’orfèvre du vivant que la quasi totalité de l’équipe suit.
Des odeurs tenaces me suivront jusqu’à Paris. Les dessins des coutures ne s’effaceront pas.
J’aurais aimé rester pour voir le résultat quelques semaines plus tard.

 

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▪ Le Petit Prince malgache

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contact : vdegalzain@gmail.com    blog : vdegalzain.wordpress.com

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http://youtu.be/yCi-QrLHWSc.