“Handicaps : faire face”

▪ Réalisation de 20 portraits originaux, de recueils et de retranscription de témoignages.
▪ Maquette des photos avec légende et suivi de fabrication de l’exposition itinérante (20 tirages 40x50cm*).
Avec le Centre d’action sociale de la Ville de Paris/CASVP.

Avec pudeur, des agents du CASVP s’exposent et nous livrent leur regard sur le handicap, notamment au travail. Des mots sensibles et lucides qui nous permettent d’en apprendre et d’en comprendre un peu plus. De découvrir une nécessité d’adaptation permanente, des souffrances contenues et une envie de partager pour avancer ensemble. Amoureux de leur travail, Nathalie, Pascal, Marie-Laure, Nadia, Yves et tous ceux qui ont répondu de façon volontaire à ce projet ont en eux un désir de vivre et d’être simplement considérés à égalité, comme ils sont. Pour réaliser leur portrait, que j’avais initialement pensé de façon plus frontale et grave, je me suis laissé guider par cette force positive qui les anime, par leur dignité et leur générosité.

Une personne en situation de handicap est avant tout un homme ou une femme, avec des compétences, une expérience. Tout doit donc être mis en œuvre pour qu’elle ait accès à ses droits, à un emploi à la hauteur de ce qu’elle sait faire et à un aménagement de son environnement lui permettant de travailler avec ses collaborateurs de façon autonome et dans les meilleures conditions possibles. À cela, s’ajoute l’urgence de considérer le handicap dès sa déclaration – parfois à la naissance – pour favoriser l’accès à l’éducation et à la formation dans le milieu dit ordinaire, et de rendre accessibles tous les lieux publics.


L’EXPOSITION

▪ Du 26 juin au 21 juillet : Handicaps : faire face, siège du CASVP, Paris
▪ Du 6 au 23 juin : Handicaps : faire face, mairie du 14e, Paris
▪Du 21 février au 30 mars 2017, EHPAD Alice Prin, Paris
D’autres expositions en cours de préparation pour 2017.


TÉMOIGNAGES : EXTRAITS

– J.M : “La seule chose que l’on souhaite est d’être dans le milieu ordinaire le plus longtemps possible. Avoir un poste aménagé et adapté, c’est éviter des fatigues supplémentaires, ralentir l’aggravation de la maladie et/ou du handicap. C’est synonyme d’autonomie pour soi et ses collègues : chacun doit pouvoir se consacrer à son travail. L’emploi des personnes handicapées requiert des personnes informées, une approche humaine et une écoute pour anticiper les besoins selon les handicaps.”


– S.A :
“J’ai commencé à gagner ma vie à l’âge de 16 ans sans jamais me préserver. Quand j’ai été déclarée inapte, j’ai dû attendre un an avant d’avoir un poste adapté. C’était très dur moralement et financièrement. La suite ne s’est pas faite sans difficultés. Mais c’est essentiel de rester fort mentalement, de se donner les moyens de continuer à travailler tant qu’on peut le faire. Je souffre tout le temps mais j’aime mon travail, et j’ai la chance d’être dans une équipe très solidaire, où chacun est apprécié à sa juste valeur.”


– Y.Q :
“De graves allergies m’ont obligé à arrêter le métier de cuisinier que j’adorais depuis l’âge de 16 ans. À cela, se sont ajoutés des points de rupture très durs dans ma vie : je me suis effondré. Mais même si rien n’est parfait, il faut garder confiance en l’institution ; bien s’entourer ; ne pas écouter ceux qui disent : « Vous ne pouvez pas ». De plus, on n’a qu’une vie : il ne faut pas hésiter à changer de voie car c’est salutaire. Aujourd’hui, je souhaite mettre ce que j’ai vécu et la façon dont on m’a accompagné au service des autres.”


– K.D :
“Je tiens absolument à remercier ma directrice qui me soutient depuis le premier jour. Ce jour de 2008 où, à peine arrivée, je me suis effondrée et suis repartie secourue par les pompiers après avoir travaillé d’arrache-pied pour réaliser mon rêve : m’occuper des personnes âgées. J’ai eu deux années très difficiles d’autant que nos métiers sont très physiques. Mais je me sens comme tout le monde et je laisse ma maladie à l’hôpital. Je prends soin de moi pour mieux prendre soin des autres : ils sont ma priorité.”
.

– N.M : “Au-delà du travail, nous avons chacun notre vie, et beaucoup rencontrent des difficultés, handicapés ou non. J’ai connu la rue, des violences, j’ai une maladie difficile à gérer. Mais j’aime la vie. J’aime les gens. C’est une clé pour s’en sortir. Mes collègues sont compréhensives avec moi. Quant à la cellule Handicap*, elle offre écoute et disponibilité, permet de faire des démarches en étant bien conseillé. C’est un réconfort, un soutien moral. Mais elle a besoin de la participation de tous pour renforcer son efficacité.”

– N.N : “ Ma vie a violemment basculé lors d’un terrible accident de trajet. Les deux ans qui ont suivi ont été une descente aux enfers. Le rejet déshumanise. J’ai failli mettre fin à mes jours. (…) Aujourd’hui, je suis heureuse et fière d’être là, je le dois à plusieurs personnes, dont deux de la cellule Handicap*. Nous faisons tous partie de la société. Je ne veux pas être payée pour ne plus travailler, mais rester dans la  vie active. C’est un enjeu de vie qui commence parfois dès la naissance. Que va devenir la société si elle rejette ceux qui sont différents ? ”

*la cellule Handicap du CASVP a été créée en 2012. Forte de deux conventions signées avec le FIPHFP, elle agit notamment dans le cadre de la compensation du handicap et des conditions de travail, de l’insertion et du maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap, de la sensibilisation de tous aux différents handicaps.

TOUS DROITS RÉSERVÉS
Tirages Picto Paris

itw-handicaps

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